Lundi 22 septembre 2003 — Dernier ajout

Les opportunités d’aménagement

L’aménagement de l’espace public à excideuil

Résultats de l’étude réalisée à la demande de la commune par Luc Joudinaud, architecte, et Pierre Marsaa, urbaniste, en octobre 2001.

Il s’agit de traiter ici les espaces qui représentent des opportunités pour le développement de la commune.

Traditionnellement, la réflexion porte en premier lieu sur la création d’activités, d’équipements. Nous avons considéré depuis le début de cette étude l’espace public comme un équipement en lui-même, porteur d’attractivité et d’animations.

Nous avons repéré trois zones sur le territoire communal qui vont, dans les années à venir, voir leur physionomie et leur fonctionnement changer totalement. Nous les envisagerons ici comme porteuses d’activités nouvelles sur l’espace public.

La zone d’activité
Situation / état des lieux
La zone d’activité que la commune envisage de créer se situe en périphérie.
Le choix de ces terrains a été, nous le supposons, avant tout un choix économique (valeur du terrain) et fonctionnel (accès automobile).
Le premier projet d’entreprise sur la nouvelle zone porte sur l’implantation d’un commerce alimentaire.
Nous proposons de réfléchir dès aujourd’hui à son implantation et à sa liaison possible avec les activités du centre.
Traditionnellement, aucune réflexion sur l’implantation de ce type d’équipement commercial ne préside à sa création.
Dans des cas très particuliers d’implantations massives, il peut exister des chartes réglementant le type de publicité admis sur ces zones.
On peut penser qu’ici, à Excideuil, l’étude peut être fine et facilement négociable en amont avec le futur propriétaire. Il s’agit donc de régler l’aménagement des parkings, d’entamer un dialogue sur au minimum les éléments de signalétique du commerce, au mieux sur les matériaux employés, voire l’architecture du bâtiment créé. De le faire finement dans un dialogue constructif pour répondre à des objectifs communs à la collectivité et au propriétaire.

Propositions
L’objectif est de pallier les inconvénients esthétiques de ce genre de bâtiment (signalétique abondante, bâtiment sans qualité architecturale), de réfléchir à une implantation des espaces privés extérieurs (parking) en adéquation avec le fonctionnement des espaces publics et d’assurer une liaison continue et logique avec le centre-bourg ou les activités proches du nouvel équipement.

La prairie et le quartier du stade
État des lieux
La prairie est une vaste zone inondable au pied du château d’Excideuil. C’est une propriété communale.
Elle comporte trois parties, d’ouest en est :

  • une grande zone naturelle sans affectation fonctionnelle à l’Ouest.
  • une zone centrale qui accueille les équipements sportifs, le centre de loisirs, et désormais, l’équipement du moulin de la Baysse, la passerelle, puis les heurtoirs du Pas de ma Mignonne auprès des grottes.
    Cette partie de la prairie est quotidiennement utilisée par les élèves du collège qui viennent investir le stade, ainsi que la piscine en été.
    C’est par cette zone que l’on accède à la prairie depuis la construction de la déviation.
  • À l’est, le terrain est occupé par une petite zone d’habitations individuelles sous la forme d’un lotissement géré par l’office départemental HLM.
    L’accès se fait par la rue du stade.
    Des terrains constructibles longent cette partie de la prairie. Une partie de ces terrains (UB ou POS) accueille un terrain d’entraînement pour le rugby.
    Le circuit sportif, largement utilisé, borne le périmètre de cette zone entre la ville et le cours de la Loue. Il est aussi un prétexte de promenade pour les excideuillais.

La prairie centrale a également servi de support à une opération de land’art durant l’été 1998 dans le cadre de résidences artistiques menées par le département et l’ADDC. Jean-Paul Ganem avait investi la presque totalité de cet espace.
Depuis des décennies, ce territoire naturel a fait l’objet de nombreuses études destinées à lui attribuer une fonction singulière.
La zone Est est occupée par divers équipements. Leur liaison est peu aménagée.

Objectifs
La vocation évidente de ces terrains est de servir au sport, aux loisirs et à la culture.
Cette vocation naturelle est à conserver voire à conforter.

Propositions
1— Le groupe composé par l’Amicale Laïque envisage une commande liée à l’aménagement et à la gestion des eaux, ainsi que la création sur Excideuil d’un parc de jeux.
La commune par ailleurs a entamé une réflexion pour l’agrandissement de la station d’assainissement des eaux.
Le principe d’une fonction double, technique et ludique pourrait être étudié sous la forme d’un lagunage paysager agrémenté en parc promenade.
Le Gerea (groupe d’étude et de recherche en écologie appliquée) a été sollicité pour étudier les possibilités de mise en place d’un tel projet.
2— Suite à l’expérience de la présentation de JP Ganem, la fonction « parc de sculptures » pourrait être à nouveau envisagée. La région Aquitaine ne possède pas, comme presque toutes les régions (Kerguehenec en Bretagne, Vassivière en Limousin …) son parc de sculptures. La prairie d’Excideuil pourrait-être candidate à une telle expérience.
Pour prolonger l’expérience des Nouveaux Commanditaires, la prairie pourrait dans un tel cas accueillir des séries sculptures-jeux.
3— Le projet de Decoï pour Saint-Martin a été retenu par le centre Beaubourg pour figurer dans une grande exposition sur l’architecture contemporaine en 2003 et prendra place sur la piazza du Centre.
Ce type d’expérience pourrait être poursuivi, sous forme de commandes à de jeunes architectes, pour la construction d’un parcours sportif ou de jeux et faire l’objet d’un « festival » d’architecture dans la prairie.
4— Enfin, les activités du Moulin de la Baysse pourraient sous forme d’évènements annuels, se déployer dans ce même parc.

Le Ciella
Les laboratoires Ciella étaient spécialisés dans la fabrication de produits pharmaceutiques. Le produit éponyme, le Ciella, est une lotion bleutée pour le traitement des yeux.
La commune a racheté les laboratoires Ciella afin d’y créer les ateliers communaux. Le reste des bâtiments est loué à la SOGEDO (en rdc), reçoit les cours de danse et aussi, ménage des locaux de réunion pour les associations. Le théâtre de la vache cruelle occupe également une partie de l’espace pour entreposer son matériel de son et de lumière. Des bureaux à louer à des entreprises pourraient occuper le reste de la surface.
En bref, le Ciella est devenu rapidement un lieu de vie et d’activités important, même s’il n’est encore utilisé qu’à une faible part de son potentiel.
Mal desservi, (l’accès actuel se fait par l’avenue du Docteur Tocheport qui mène à la Tuilière et à la colline du Plantier sur la commune de St Médard d’Excideuil), le bâtiment du Ciella présente des abords mal entretenus qui ne tirent pas parti de l’existant (jardin). Il n’est pourtant distant de la gare que de quelques dizaines de mètres.

La gare
La gare a été rachetée à la SNCF par la commune. Elle est actuellement occupée au rdc par l’association du chemin de fer du Périgord vert. Un syndicat à vocation unique (mise en valeur et aménagement touristique de cette voie ferrée), comprenant l’ensemble des communes concernées par l’emprise de la voie ferrée a réalisé une étude. Il semble que les investissements à réaliser pour l’entretien ou la réfection des ouvrages d’art sur la voie soient trop importants pour que le projet soit viable.
La création de la dérivation a profondément modifié la situation de la place de la Gare qui se trouve désormais jouxtée par une voie de circulation alors qu’elle était auparavant en cul-de-sac. La modification de son contour géométrique déjà peu clair, l’absence de marquage précis de ses limites et son traitement routier en continuité de la voirie, la mauvaise négociation du passage de la voie à la Place caractérisent la médiocrité des projets de voirie départemenale dans leur rapport à l’existant.

En effet, on est en droit de s’étonner que ces questionnements ne surviennent qu’une fois la dérivation achevée, alors que la réalisation de ces aménagements auraient été bien plus facile simultanément. Il est portant impossible pour un élu de faire intégrer au service départemental des routes des projets connexes au sien. En effet, aucun des vœux formulés par la commune en terme de fonctionnement global aux abords de la dérivation et au-delà n’a été pris en compte (entrée urbaine place des promenades, respect de la place de la gare, traversée des piétons, renforcement de l’axe des promenades).

Objectifs
Offrir à la ville d’Excideuil, en rapprochant géographiquement le Ciella de la zone d’activité de la Gare, la possibilité de renforcer son pôle d’activité et de le dynamiser. Profiter de la structure forte des bâtiments et des jardins du Ciella mais aussi du bâtiment de la Gare pour qualifier la dérivation dans sa seconde portion comme un boulevard urbain ouvrant directement sur les activités.
Tirer parti d’un bâti existant fonctionnel et en bon état.

Propositions
Assurer la maîtrise foncière sur l’ensemble du Ciella.
Créer une voie secondaire reliant le quartier de l’entrée de Saint Médard à celui de la gare. Il doit être noté qu’elle ne viendrait que pérenniser et conforter une pratique existante puisque la liaison piétonne existe de longue date au travers des jardins (riverains, scolaires …) et que la liaison automobile précaire pour rallier les ateliers municipaux et ceux de la Sogedo est également utilisée par d’autres habitants du quartier.
Supprimer les résidus du remblai entre dérivation et Ciella en ramenant le sol à son niveau originel.
Utiliser la composition du jardin du Ciella et celle des grands bâtiments pour caractériser fortement les abords de la dérivation.
Aménager la place de la Gare en procédant dans un premier temps à une simple rationalisation de l’espace et à des plantations d’arbres d’ombre. Conforter cet aménagement par la réhabilitation du bâtiment de la Gare qui confère au quartier son identité.
En bref, la commune devrait assurer le rôle d’un conducteur d’opération sur le quartier de la gare et du Ciella en restructurant profondément le fonctionnement et la voirie puis en revendant ou louant des lots soit existants soit à bâtir dans le cadre d’une activité industrielle ou tertiaire et dans la limite d’un règlement prédéfini.
Bien desservis, dans une zone d’activité déjà bien réelle, les quartiers de la gare et du Ciella doivent être réunis par un aménagement des espaces publics susceptible de constituer et d’affirmer l’identité d’un pôle d’activité mixte : industries, commerces en gros ou demi-gros, service et tertiaire.

D’après l’étude faite par Luc Joudinaud, architecte et Pierre Marsaa, urbaniste, en octobre 2001.