Mardi 30 mars 2004 — Dernier ajout

Le coeur du bourg

L’aménagement de l’espace public à excideuil

Les espaces publics situés au cœur historique du village nécessitent une réflexion sur l’état du bâti (la valeur du patrimoine : les façades), sur le stationnement et enfin sur la désertification des commerces autour de la place.

Objectifs et principes
Le but de l’aménagement du cœur d’Excideuil est de re-dynamiser la place centrale et-ou les rues commerçantes.
Qu’est-ce qu’un cœur de village aujourd’hui ? Faut-il qu’il reste le centre des activités traditionnelles, essentiellement commerciales, alors qu’elles ont évolué et se retrouvent souvent en périphérie pour des raisons économiques, d’espace et de fonctionnement liées à l’utilisation prédominante de l’automobile ?
Quelles nouvelles fonctions peuvent se substituer à la fonction commerciale pour garder une animation au cœur du village ? Quelle décision prendre pour assurer le maintien des activités dans le centre, en matière d’aménagement d’espaces publics ?
Faut-il panser les plaies ou inventer et présager des nouvelles manières de vivre dans un centre-bourg rural ?

Le problème du stationnement
Le problème du stationnement dans le bourg est particulièrement épineux, comme dans la plupart des villages et il focalise toute l’attention des riverains.
Les réunions publiques pour l’aménagement de la place du château en furent l’exemple parfait tant il était difficile de sortir du débat sur le nombre de places de stationnement perdues ou gagnées. Pour beaucoup de personnes, une place de stationnement est toujours gagnée, alors que l’espace qu’elle occupe, lui, n’est pas considéré comme perdu.

L’absence de véritable position sur le stationnement a conduit à sa lente mais irrémédiable conquête de l’espace public. C’est ainsi qu’au terme d’un processus lent et invisible, la place Bugeaud est, un beau jour, devenu un parking avec son marquage au sol, son allée centrale, et sa circulation périphérique.

Ne rien décider a conduit à gérer le quotidien avec un comportement un peu fataliste. Tracer des emplacements de parking là où les voitures se garent répond effectivement à une attente des automobilistes. Le rôle du politique n’est-il pas de se poser la question de savoir si, oui ou non, le stationnement doit se faire sur la place centrale du village ?
L’apparence d’une décision - tracer au sol des emplacements pour contenter les quelques mécontents - cache l’absence de décision : doit-on ou non stationner à cet endroit ?

Dans le même esprit, et révélateur d’une difficulté à se prononcer clairement, le stationnement de la rue Gambetta est parfaitement caractéristique.
La rue Gambetta, pourtant très commerçante, offre des trottoirs très peu confortables et dangereux qui n’incitent absolument pas le piéton à les emprunter.
Aujourd’hui, seul le choix d’un sens unique avec un stationnement d’un seul côté ou un double sens sans stationnement permettra de redonner de la largeur aux trottoirs.
Le politique doit-il attendre un consensus des intéressés qui n’ont pas été en mesure de déterminer un côté fixe pour le stationnement quelques années auparavant (stationnement alterné à ce jour) ou doit-il les contraindre à se prononcer au terme d’un raisonnement clair ?

Propositions

Deux partis radicalement opposés peuvent être proposés :

1 - On assume le dépérissement actuel : les commerces ne s’installeront plus (à court terme) sur la place Bugeaud et l’on privilégiera l’installation des commerces dans la rue Gambetta et la rue Jean Jaurès. Le devenir de cette place est donc d’être le témoin d’un passé révolu : cette place devient une place musée.
L’animation est faite par le marché hebdomadaire. On vient créer une attraction sur cette place pour en faire un lieu de visite ou de promenade mais pas de commerce.

Partant du principe que le commerce est lié à l’automobile, on peut penser que la suppression des parkings ne va pas favoriser l’installation immédiate des commerces. En revanche, on peut prendre le risque de dire que l’évolution des pratiques commerciales va vers une pratique piétonne des commerces. On agit donc pour le long terme en restituant à la place son rôle d’écrin, propice à la visite tranquille dans un premier temps.

S’offrent alors deux options : une restitution à l’ancienne ou bien la création d’une place contemporaine qui devient un « monument », un objet à visiter (cf. les places aménagées par des artistes : J. Kossuth à Figeac, D. Buren à Lyon …)

2 - On tente de provoquer le renouveau des commerces en aménageant la place pour permettre, comme cela se passe aujourd’hui sans grand succès, aux véhicules de stationner.

L’aménagement est donc un embellissement de la place en gardant le maximum de place de stationnement.

D’après l’étude faite par Luc Joudinaud, architecte et Pierre Marsaa, urbaniste, en octobre 2001.