Mardi 12 août 2003 — Dernier ajout mercredi 29 mai 2013

L’Histoire d’Excideuil

Le premier texte attestant l’existence d’Excidolium, cité médiévale, est un testament, celui d’Aredius, autrement dit le limousin Saint Yrieix, en 572. C’est un des noms de ville les plus anciens du Périgord. On le retrouve en
1100 sous le vocable d’Issidor puis d’Excideuilh en 1725.

Excideuil vue du château
Excideuil vue du Château au début du XXè siècle.

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L’origine du nom

Diverses hypothèses existent, dont certaines fantaisistes, parmi lesquelles on trouve Isis Dolium « tonneau d’Isis », par allusion à la culture de la vigne et de la déesse des vendanges.

Exito en gaulois ou Exitus en latin « chemin de sortie » suivi du gaulois -ialo, « clairière ou champ ».

Le nom pourrait également venir d’une racine celte « ville des eaux » ou d’une autre racine celte évoquant une région riche en fer.

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Une cité vieille d’au moins mille cinq cent ans

Saint Yrieix dispose, au 1er siècle après Jésus-Christ, du monastère dédié à Saint Médard en un lieu communément appelé Excidolium ainsi que la chapelle de Gandamnaco ( aujourd’hui Gandumas).

Avant cette mention officielle, on sait qu’Excideuil appartenait au territoire des Pétrocorii.

Après les Gaulois, les Romains occupèrent la région, quelques objets découverts en témoignent.

En 1096, la baronnie d’Excideuil appartient au Vicomte de Limoges Aymard IX.

Des querelles pour la possession de cette terre déchirent entre eux les seigneurs de Limoges, puis plus tard, les mêmes avec Bertran de Born, le batailleur, seigneur de Hautefort.

De cette période date la probable construction du Château sur une ancienne place forte contrôlant le passage de la voie reliant Périgueux à Limoges.

Jean de Beaugourdon et Jean-Paul Laurent qui ont écrit le seul ouvrage consacré à l’histoire de la ville ont décrit cette construction : celle-ci « domine l’histoire comme le paysage, dont les tours jumelées commandent la vallée de la Loue. Autour du bastion primitif s’est édifié l’un des plus robustes édifices militaires de la vicomté de Limoges ».

Excideuil a souffert des nombreux conflits qui agitèrent la région. Pendant l’année 1182, Richard Cœur de Lion ou ses lieutenants mirent trois fois le siège devant le Château. Le bourg, tout proche, subissait pillages et destructions.

Au cours de la Guerre de Cent Ans, Excideuil fut pris par les Anglais et délivré, dit-on, par Duguesclin.

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Le Bourg Saint Thomas

Ancienne rue des cordeliers
La rue des Cordeliers devenue rue Jean Jaurès vue d’en bas

Sur le coteau qui fait face au Château, au Nord, les excideuillais ont construit leur cité fortifiée appelée Bourg Saint Thomas.

Cinq portes en contrôlaient l’entrée :

  • celle de la rue du Châtel qui deviendra rue des Cendres après l’incendie provoqué par les Anglais en 1420,
  • celle de la rue des Cordeliers, devenue rue Jean Jaurès,
  • celle de la Place des Religieuses ou Porte Faucher, près de l’actuelle Mairie,
  • celle de la Porte Piquet situé dans le quartier du même nom et enfin,
  • celle de la rue Saint Antoine.

La ville était protégée par ses murailles mais aussi par un étang dont les eaux baignaient le côté ouest.

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Une Eglise imposante

Au XIIè siècle, on construit l’Eglise Saint Thomas sur l’emplacement d’une probable chapelle dépendant de l’abbaye de Saint Médard.

La petite ville, au territoire restreint, abrite alors de nombreuses congrégations religieuses. Les Cordeliers avaient établi leur couvent en 1260, dépendant de l’abbaye du Dalon, sur l’emplacement de l’hôpital actuel.

Il ne reste de l’imposante Eglise Saint François (50 mètres de long sur 10 mètres de large) que les vestiges de la sacristie.
Une délicate tourelle et une grande fenêtre à croisée de meneaux sont visibles depuis la promenade André Maurois.
Les dépouilles des Seigneurs y étaient enterrés. A la Révolution, les tombeaux furent profanés.

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Un couvent convoité

Les Clarisses avaient installé un monastère en 1642.

Elles y instruisaient des jeunes filles, et des Dames de bonne famille y étaient pensionnaires. Malheureusement, leur bien fut convoité par l’Evêque de Périgueux qui désirait le donner aux Clarisses de sa ville.

Malgré une belle résistance, elles durent partir en 1767 mais l’Evêque n’obtint rien car les habitants firent prévaloir leurs droits sur ces biens.

La Révolution mit tout le monde d’accord puisque la chapelle adossée à la Porte Faucher fut rasée, remplacée par « Le Club de la Société Populaire ».

Une école, qui devint le collège, fut ouverte dans l’ancien couvent remanié et la salle des séances fut convertie en théâtre.

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Une cité dispensée d’impôts

A la suite des souffrances et dégâts endurés par la population, Louis XI octroie en 1482 des lettres patentes dispensant les habitants des Tailles, « en considération de leur signalés services » et pour les dédommager « de la destruction de leur ville incendiée par les guerres que les ennemis de la France firent anciennement et leur faciliter les moyens de la rebâtir ».

Elles seront renouvelées 13 fois à intervalles irréguliers jusqu’à ce jour de 1790 où, dans un grand feu, on jeta tous les titres qu’on avait découverts dans un coffre de la Maison du Consulat.

La ville était un lieu d’échanges et de commerce florissant, au cœur du bassin de fer. Toutes les familles des alentours qui gravitaient autour du Château se devaient de posséder un hôtel à Excideuil.

Une promenade dans les vieilles rues permet de retrouver les traces de cette période.

Le Circuit Découverte et ses 30 plaques en lave émaillée permet de les matérialiser.

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D’illustres propriétaires

Les terres d’Excideuil étant entrées dans les possessions de Jeanne de Navarre, son fils Henri, futur Roi de France en hérite.

Il les vend en 1582 au comte François, Seigneur des Cars.

C’est l’âge d’or du Château transformé en résidence. Le mariage de la fille de la comtesse des Cars avec Daniel de Talleyrand transfère la propriété à la famille du prince de Chalais.

Personnage bien en cour, Daniel de Talleyrand obtient que la baronnie soit érigée en marquisat en 1613.

Malheureusement, on ne peut vivre à la fois à la cour, à Paris et à Excideuil.

Château

Le Château est délaissé par ses propriétaires, son déclin commence.

Trois cent ans d’abandon lui ont fait plus de mal que les troupes assiégeantes.

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La Révolution à Excideuil

La Révolution de 1789 trouve à Excideuil un terrain propice aux idées nouvelles.

Une florissante Société Populaire où s’étaient regroupés les partisans du régime nouveau s’ouvre. On y débat, on y lit des gazettes, on y dénonce et on n’y condamne pas encore.

Cela n’arrivera que plus tard avec la création d’un Comité Révolutionnaire. Parmi les « célébrités » dont la réputation dépassa les limites d’Excideuil, Pierre Roux de Fazillac, plus connu sans sa particule, fut un des aristocrates qui embrassèrent le parti de la Révolution.

Elu par ses concitoyens d’Excideuil à l’Assemblée législative puis à la Convention nationale, il vota la mort de Louis XVI.

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Des transformations permanentes

A Excideuil, les maisons et les rues ont connu bien des transformations durant sa longue histoire.

La Halle
L’ancienne Halle était placée au milieu de la Place Bugeaud. Aujourd’hui, elle se trouve sur la gauche de la Poste actuelle (voir à ce sujet l’article consacré à la Halle).

Les portes anciennes ont toutes disparu.

Une halle bâtie en 1536 occupait l’actuelle Place Bugeaud. Faute d’entretien, le bâtiment se délabra au point, qu’en 1868, on le démolit.

Un réaménagement du quartier fit disparaître de vieille maisons et un lacis de petites rues.

Une nouvelle halle sera érigée Place Bugeaud puis déplacée. Elle abrite chaque hiver le marché au gras et l’été, des concerts y ont lieu.

Le cimetière qui se trouvait juste derrière l’Eglise a été transféré quelques centaines de mètres plus haut, sur un terrain d’où on domine la vallée de la Loue.

Les écoles ont remplacé les monastères.

La fin du XIXè siècle voit la constructions de plusieurs établissements scolaires, en particulier deux écoles primaires supérieures de filles et de garçons.

Ecole primaire

L’école primaire supérieure dont le préau porte aujourd’hui encore la date de construction : 1883 - 1884

Ces deux écoles qui devaient devenir cours complémentaires ont été une pépinière d’enseignants pour tout le département.

Les écoles sont devenues lycée et collège et les nouveaux bâtiments ultra-modernes accueillent plus de 800 élèves.

Excideuil continue à subir des transformations. La nouvelle Place du Château, l’aménagement d’une salle de spectacles dans la partie municipale du château et les efforts de la municipalité pour réhabiliter les habitations délabrées peuvent en attester.

Cependant, Excideuil tient à son patrimoine extrêmement varié et à son histoire vieille de presque deux mille ans.
C’est pourquoi son patrimoine et son histoire sont continuellement mis en valeur, avec, par exemple la restauration du Moulin de la Baysse sur les bords de la Loue ou la mise en place d’un circuit découverte relatant la vie à Excideuil durant les siècles précédents.

Mais Excideuil veut vivre avec son temps et prouve également que modernité peut s’allier à ruralité.

Preuve en est cette passerelle sur la Loue construite en béton armé mais qui symbolise le lien entre passé et le présent à double titre : par les matériaux utilisés mais également parcequ’en franchissant la Loue, elle a créé un lien entre le présent (la commune) et le passé (les grottes où ont été retrouvés des vestiges préhistoriques).

Un artiste contemporain a également installé des heurtoirs en forme de pattes d’ours sur le site des grottes.

Apposées sur les Roches du circuit des « Roches Enchantées », elles sont en fonte, d’aspect moderne mais rappellent qu’il y a des milliers d’années, des ours vivaient dans ces grottes.

Au même titre que les grandes métropoles, Excideuil tente de marier sauvegarde et mise en valeur du patrimoine avec la volonté de rentrer de plain pied dans ce troisième millénaire.

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Sources : « Excideuil » par Jean de Beaugourdon et Jean-Paul Laurent - Editions Graphica / « Dictionnaire des noms de lieux du Périgord » par C. Tanet et T. Hordé - Editions Fanlac / « Le Périgord Illustré » par l’Abbé Audierne - Editions Laffitte Reprint.