Mardi 23 mai 2006 — Dernier ajout vendredi 26 mai 2006

Tournage d’un film à Excideuil

Le tournage de « La Transhumance fantastique », western moderne sur la conquête de la campagne par une nuée de citadins s’est déroulé le samedi 20 et dimanche 21 mai sur la voie ferrée entre Corgnac sur l’Isle et Excideuil, fief du vélo-rail.

Sur la voie ferrée
Sur la voie ferrée
Le réalisateur donne quelques directives à son caméraman.

Comme tous les tournages de Nicolas Boone, il s’agit d’une performance car il n’aura duré que quelques jours, le plus gros des scènes ayant été tournées durant le week-end avec les figurants dont Boone fait « son héros. »

La Transhumance fantastique est un western moderne qui met en scène des citadins venus s’installer en milieu rural : les rurbains. La conquête de l’Ouest a laissé place à la conquête de la campagne où des lotissements voient le jour dans lesquels les voisins sont nos amis. Chacun veut sa parcelle de terrain vert, les rurbains se dévorent les places…

Du cinéma décalé, expérimental, un scénario sorti tout droit des nombreuses séries B où des litres de fausse hémoglobine coulent à flot mais surtout un tournage.

Intervention des pompiers
Intervention des pompiers
Durant la transhumance, un accident survient sur la voie.

Un évènement au sein du Périgord vert avec la participation des acteurs locaux : entreprises, commerçants, habitants, Maires des communes où se déroulent les scènes, pompiers, associations, groupe folklorique, danseuses, chasseurs, éleveurs d’animaux de tous poils et de toutes plumes etc…

L’accessibilité et la gentillesse du réalisateur lui ouvrent de nombreuses portes et lui permettent d’intégrer des lieux divers et variés à son scénario. Il utilise les décors naturels de ses lieux de tournage, les objets sur place. Nicolas Boone et son équipe s’adaptent, inventent, calculent, réfléchissent aux moindres détails mais ne dévient pas de l’objectif final.

Le budget est serré, le temps est compté mais l’ambiance est bonne, excellente même.

Dans ses tournages, la foule est le personnage principal, les figurants un groupe compact qui donne son âme au film. La force du jeune réalisateur est de permettre à chaque figurant de se sentir un élément indispensable au tournage, un maillon de la chaîne, qui associé à tous les autres, peut enfin fonctionner.

Outre le car de figurants venus de Paris et de certains autres coins de France, habitués des ses courts-métrages, quelques habitants locaux y ont participé avec un évident plaisir.

Entre deux scènes
Entre deux scènes
Quelques petites minutes de répit avant la prochaine scène.

Malgré l’incongruité de certaines demandes, les caprices du temps, l’attente entre chaque prise et la fatigue croissante, chacun s’est plié de bonne grâce aux obligations du scénario pourtant non communiqué et sans se poser de questions. Même l’équipe technique participe au tournage, la complicité entre tous est évidente, des relations se créent, on fait connaissance, embarqués dans le même navire. On est loin des grands studios de cinéma, cela ressemble à du « fait-maison » mais c’est pourtant empreint d’un grand professionnalisme et l’on sent derrière cet apparent bric-à-brac, une préparation minutieuse et longuement réfléchie.

Le chantier
Le chantier
La caméra sur le vélo-rail filme une scène de chantier en « travelling ».

Débuté à Corgnac sur l’Isle le samedi matin, déplacé vers le bourg d’Eyzerac, la gare du vélo-rail, à nouveau Corgnac, le Viaduc de Saint Germain des Prés, le tournage s’est poursuivi le dimanche à Saint Germain et s’est achevé à la gare d’Excideuil, ranimée, ravivée pour l’occasion.

Sur chaque lieu, des badauds, des curieux pour observer un jeune homme à casquette, hurlant dans son mégaphone, entouré d’une assistante multifonctions, de preneurs de sons, de caméramans, de techniciens, de drôles de personnages en chapeau et imper ou en bleu de travail et d’une caméra installée sur un vélo-rail.

Nicolas Boone espère avoir rassemblé tous les financements qui lui manquent pour boucler son budget et terminé le montage de son film pour l’automne. Il reviendra alors dans le Périgord pour présenter le résultat au public en avant-première. Un résultat qu’il faudra aller voir en oubliant tous les repères du cinéma classique, pas de véritable histoire, pas de personnage principal, pas de logique, surtout pas de bons sentiments et certainement pas de fin heureuse…

Les porteurs
Les porteurs
Au sein de la transhumance, les porteurs d’un cercueil au sort funeste.

Pour voir le travail et le parcours de l’artiste plasticien Nicolas Boone : www.nicolasboone.net