Lundi 21 septembre 2009 — Dernier ajout mardi 22 septembre 2009

Succès pour le circuit des cabanes en pierre sèche

L’Office de Tourisme proposait une balade du patrimoine sur le thème des cabanes en pierre sèche (borie) à l’occasion des Journées du Patrimoine le samedi 19 septembre 2009.
Le circuit a débuté le matin à St Martin à Excideuil et s’est poursuivi à St Martial d’Albarède, l’après-midi, après la pause déjeuner sous forme de pique-nique.

Ces promenades ont été guidées par Thierry Galvagnon, sympathique enfant du pays qui avait effectué en 1997-1998 à l’Institut d’Histoire de l’université Michel Montaigne à Bordeaux III, un travail d’étude et de recherche sur la localisation, la construction et l’architecture des cabanes en pierres sèches [1] sur la commune du Causse périgourdin à Saint-Pantaly d’Excideuil.

Cabanes en pierre sèche

Sur Saint-Martin et Saint-Martial les marcheurs ont donc parcouru ce causse périgourdin que l’on peut appeler « au pays des pierres » où l’on a pu voir sur ses sols calcaires la pierre, ça et là, pointer.

Que l’on se trouve sur les coteaux ou dans les vallées, auprès d’un terrain en culture ou abandonné, sans cesse la pierre est présente avec une constance sans faille.

La nature du sol donne de belles lauzes, d’harmonieuses et régulières pierres plates qui ont permis de réaliser des cabanes de qualité. L’utilisation du calcaire local dit « jurassique » extrait par blocs puis grossièrement taillés les rendait sans âge et c’est ce qui laisse croire à une possible origine antique.

Certaines cabanes ont été abandonnées et ont servi de carrières de pierres pour d’autres constructions.

On est surpris de découvrir que de nombreuses cabanes tellement différentes dans leurs formes, leurs styles, sont liées à la nature des sols et leurs toitures en font tout leur charme.
Elles ont demandé des efforts particuliers : technique spécifique, tonnage de pierre important avec l’épaisseur des murs et la couverture.
On a pu observer des cabanes oubliées qui disparaissent au fond des bois.
Fragiles au gel car faites de pierres calcaires elles finissent par s’écraser pour devenir un tas de pierres souvent informe. De plus en plus enfouies sous la mousse, elles se chargent de mystères donnant l’impression d’avoir toujours été là tant elles s’intègrent à la perfection au domaine environnant.
Il reste encore aujourd’hui une soixantaine d’édifices encore debout, mais beaucoup d’entre eux menacent de s’effondrer. On peut s’interroger sur l’utilité des cabanes en pierres sèches tant celles-ci peuvent apparaître porteuses de peu d’intérêt, d’un maigre passé historique et d’une diversité architecturale limitée.

Cependant, celles-ci, symboles d’un labeur incessant, suscitent beaucoup d’admiration.
De plus en plus les personnes se tournent vers ce petit patrimoine, lot quotidien du regard des nombreux randonneurs sillonnant nos coteaux.

Ces cabanes sont à la fois une prouesse technique, une réussite esthétique et le témoignage d’une culture rurale.

Peut-être un jour, aurons nous la joie de voir surgir d’un film nos cabanes, car c’est bien au Breuilh près de Sarlat, que celles-ci ont servi de décor dans plusieurs films dont le fameux « Jacquou le Croquant ».

Jean-Jacques Joudinaud

[1] Voici un complément d’information.
Borie au sens de « cabane en pierre sèche » est une innovation de la langue touristique relative à la Provence…

Article principal : Cabane en pierre sèche (sources Wikipédia)
Extrait : « Le terme borie, dans la langue touristique relative à la Provence, désigne une cabane en pierre sèche qui servait de grange, d’écurie ou d’habitation saisonnière à un agriculteur du XIXe siècle dans une parcelle foraine (sur une autre commune) ou trop éloignée de sa ferme. […]
Les vestiges d’un habitat rural saisonnier ou temporaire en pierre sèche que leurs propriétaires villageois ou forains avaient appelés jusque là « cabanes » et « cabanons », se sont vu attribuer une appellation obsolète qui, en Provence, ne s’était appliquée qu’à l’habitation permanente et qui ne subsistait plus qu’à l’état de rares toponymes.
Le terme a été repris par Pierre Desaulle dans les années 1960 avec son livre Les bories de Vaucluse, par Pierre Viala, créateur du « Village des Bories », dans les années 1970, et enfin par le Parc naturel régional du Luberon dans les années 1990 avec le livre Bories.
La vogue du mot a même gagné le Périgord dans les années 1970, non sans y entrer en conflit avec l’acception d’ « exploitation rurale », de « ferme isolée », à laquelle il était cantonné jusque là dans cette région, et en concurrençant le terme vernaculaire chabano ou chebano
 ».

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