Vendredi 12 mai 2006 — Dernier ajout lundi 15 mai 2006

Projet accent grave

Au moulin de la Baysse

L’artiste plasticien Jean-Patrice Giraud a inauguré l’exposition « Accent Grave » le samedi 13 mai 2006 à 17h au Moulin de la Baysse.

Jean-Patrice GiraudL’association Excit’œil accueille l’artiste plasticien Jean-Patrice Giraud au Moulin de la Baysse pour la mise en place d’une exposition dont l’inauguration s’est déroulée le samedi 13 mai à 17h.

Jean-Patrice Giraud est un artiste périgourdin diplômé des Beaux-Arts de Bordeaux qui excelle dans le mélange et la confrontation des concepts et des genres. C’est un spécialiste du « Happening » ou performance artistique réalisée par le biais du corps humain. Il affectionne également la conception d’œuvres monumentales. Il connaît de longue date Dominique Le Lan Tallet, présidente de l’association Excit’œil, qui avait assisté à l’inauguration de son œuvre monumentale dans la haute mer baltique.

Intitulée « Stand gut » (le bien de la plage) et tirée du projet « Mot Flotté », elle représentait une gigantesque sculpture flottante en bois de hêtre dont l’origine était l’étymologie. En effet, le mot hêtre se dit « buche » en allemand et « beek » en anglais. Ces deux mots se transformant respectivement en « buch » et « book » (livre), évoquant ainsi la transformation du bois en livre.

Adepte du travail de l’artiste, passionnée d’art, Dominique Le Lan Tallet propose à Jean-Patrice Giraud de venir au Moulin de la Baysse, une des réalisations d’art contemporain de l’association, transformé en Moulin à Images par un autre artiste, Laurent Millet.

Le charme des lieux opère immédiatement sur l’artiste qui y voit un prolongement de son projet « Mot Flotté » mais aussi une problématique du détournement de l’eau. Devenu un lieu de rencontre mais également un lieu artistique le Moulin à Images inspire Jean-Patrice Giraud : « À l’ère du numérique, la rivière peut aussi se transformer en un élément du cheminement de la communication. Grâce à son étymologie, le hêtre véhicule une information, comme une bouteille lancée à la mer, pour retrouver un véhicule d’information ancestral. »

Messager sous la passerelle

L’œuvre est actuellement au stade expérimental, mise en place pas à pas grâce à différents acteurs, jusqu’à son inauguration.

Deux mille cinq cent morceaux de bois de hêtre, usinés par les élèves de l’atelier de menuiserie du Lycée de Chardeuil, ont été gravés par les élèves de l’EREA de Trélissac.

  • Au recto, la phrase « L’eau de la Loue à (a) notre merci »,
  • Au verso, l’adresse d’un site internet pour, selon l’artiste, « reconnecter le web au réseau hydrographique ».

L’utilisation de la phrase gravée, ambivalente s’il en est, dont le sens est suspendu à la présence ou à l’absence de l’accent grave, symbolise en elle-même la fragilité de l’équation
Nature/Culture = Réalité.

La Loue a notre merci
La Loue a notre merci

Ces mots matérialisent le flux, comme un fil d’Ariane déroulé à l’infini dans les méandres du réel et de l’imaginaire. D’où le nom de l’exposition : « Accent Grave ».

L’AFPA de Boulazac participe également au projet au niveau de la zinguerie. Les stagiaires en formation dans le domaine de la couverture, sous la direction de Gérard Binot, leur formateur, confectionneront les gouttières.

Gouttières

Selon Gérard Binot : « C’est pour eux un moyen de mettre en exergue leur qualité de précision et leurs connaissances dans un domaine qui ne se rattachera pas, pour cette fois, à l’architecture ».

Jean-Patrice Giraud aime que le visiteur de ses expositions y participe pleinement et se l’approprie. Un état d’esprit qui se confirme pour le projet Accent Grave.

Le principe de l’exposition ? Proposer un parcours au travers du Moulin de la Baysse et de la passerelle sur la Loue aussi appelée… Lodelaoue, par le biais de l’élément liquide. Passage d'un messager dans la gouttière

Par le truchement du bois de hêtre, le visiteur devient le déclencheur d’un dispositif qui s’ouvre sur l’extérieur. Les mots flottés glissentsur les gouttières, au travers du moulin et de sa chambre obscure avant d’être rejetés dans la rivière. La passerelle en est le premier lieu de rencontres.

Messager dans les flots tumultueux

La rivière (re)devient alors un immense vecteur de communication, les mots flottés pourront être recueillis tout au long de son parcours et les personnes qui les trouveront auront la possibilité de se connecter au site web dont l’adresse sera gravée au verso.

Cette œuvre superbe, empreinte de poésie et d’ouverture sur l’autre, a été inaugurée le samedi 13 mai à 17h. Le vernissage, ouvert à tous, a permis de découvrir Jean-Patrice Giraud, artiste libre et accessible qui a exposé en Allemagne et aux Etats-Unis. Il a été suivi d’un apéritif dînatoire offert par la municipalité qui subventionne en partie le projet tout comme le Conseil Général, partenaire de l’art en Dordogne.